Ryail 1.2

 
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Il tomba la tête la première dans l'eau, suivit par sa barque qui manqua de l'assommer. Il remonta à la surface et s'agrippa à la coque de son navire qui était désormais renversé et ne pourrait pas se retourner. À moitié dans l'eau et sur le bois qui faisait toujours son travail de flotteur, il se reposa quelques instants.

Lorsqu'il releva la tête pour voir où il se trouver par rapport à la rive il ne vit rien. L'océan avait pris la place de la plage qu'il avait quittée et avait engloutit les montagnes qui s'y trouvaient derrière. Il referma les yeux, espérant que tout ça n'était qu'un cauchemar.

Il ne remarqua pas qu'il s'était endormi seulement lorsque les cris des mouettes le réveilla. Mais elles n'étaient pas là où elles devaient être. Ou alors sa chute l'avait-elle désorienté ? Il tourna la tête et une île apparut devant lui. À porté de nage, une falaise lui faisait face, grêlée de trous, il pourrait s'y abriter le temps de se remettre d'aplomb.

Fatigué, il se laissa échouer contre le roc. Le choc lui fit lâcher un cri de douleur, mais tint bon. Il se hissa dans l’ouverture qu’il avait choisie, celle à l’abri de l’eau, mais assez basse et grande pour qu’il puisse y accéder. Il s’écroula par terre et céda à la fatigue, oubliant la blessure à sa jambe et la faim qui commençait à le tarauder.

Il se réveilla quelques heures plus tard, cette fois suite à un cri qui lui était inconnu. Surpris, il se dit que ce devait être dans son rêve. Il essaya de se lever, mais sans succès. Sa plaie s’était agrandie lors de l’arrivée sur l’île et elle devait être infectée. Sa seule chance était de trouver des gens qui pourraient l’aider.

Il se saisit d’un bâton qui avait été envoyé par une vague et s’en servit pour se redresser. Une fois debout, il avança dans le tunnel, une main sur sa canne improvisée, l’autre suivant la roche humide sur sa droite. L’obscurité arriva rapidement, et avec elle la peur.

Au bout d’un moment, alors qu’il commençait à ignorer son envie de revenir vers la lumière il atteint un embranchement. Alors qu’il allait faire demi-tour et tenter sa chance par la falaise, le cri qu’il avait entendu plus tôt résonna à nouveau, venant de derrière lui. Plus question de revenir en arrière maintenant. Il lâcha sa main du mur de droite pour s’engager à gauche et mettre un maximum de distance avec la créature qui produisait un tel cri.

Il continua comme ça, prenant des directions aléatoires lorsqu’un embranchement arrivé et accélérant lorsque la créature se réveillait.

Au bout d’un moment, le sol s’inclina et il fournir plus d’efforts pour monter. Avec la pente, arriva également l’eau qui humidifiait les parois et gouttait du plafond. Puis cette eau se transforma en mince filet d’eau qui faillit le faire tomber à plusieurs reprises, mais lui permit de se désaltérer dans les quelques flaques qu’il trouva. Il décida de suivre son unique ressource et au bout de nombreuses heures, il atteignit une sortie. Un autre trou, mais cette fois-ci à la verticale, le laissant admirer les étoiles du ciel.

N’y voyant pas grand-chose et ayant peur des créatures qui pouvaient rôder à l’extérieur, il décida de passer la nuit ici, repensant à son père et sa sœur et surtout au panier remplit de nourriture qu’il avait perdu avec le bateau.

Il se réveilla le matin pour s’apercevoir que le seul moyen de sortir par cette issue était de grimper à l’aide des différentes racines et plantes qui se laissaient tomber dans la grotte jusqu’à atteindre le sol de pierre.

Il pensa à explorer une autre cavité pour espérer trouver un autre moyen de sortir, mais le cri résonna dans toutes les galeries, l’obligeant presque à se saisir d’une racine et de grimper.

À vrai dire, il n’y avait pas tant de hauteur que ça à grimper, mais il avait peur que la racine qu’il choisirait ne supporte pas son poids et qu’il s’écroule une nouvelle fois, mais ce coup-ci sur du solide. Mais il était tellement terrorisé par l’animal qu’il se saisit de la première qu’il trouva et, lâchant sa béquille, il commença à se hisser sans difficulté vers la surface oubliant sa blessure à la jambe.

De là où il se trouvait, il n’avait pas pu se rendre compte de l’endroit où il avait atterri. À quelques mètres au-delà du trou dont il était sorti, se dressaient d’immenses arbres. Tout autour de lui, la forêt était maître. Seule la zone du trou était dégagée, comme si les arbres eux même n’osaient pas s’en approcher.

Il se traîna sur quelques mètres et attrapa la première branche qu’il trouva. Il se redressa et se dirigea dans une direction. Il ne savait pas pourquoi il allait dans cette direction, elle était aussi bien qu’une autre.

Au bout d’un moment qui lui sembla durer une éternité, il vit une silhouette se déplacer entre les arbres. Des hommes ! Ou un enfant en tout cas, au vu de sa taille. Il accéléra et se dirigea dans sa direction, slalomant entre les arbres.

Il ne fallut pas beaucoup de temps avant qu’il s’aperçoive qu’il avait perdu sa trace. Il n’avait pas la force de courir et son père ne lui avait jamais appris à pister une proie. Après tout, ils étaient des pêcheurs, et il était trop jeune pour demander à avoir une formation de chasseur.

La forme qu’il avait suivie l’avait cependant sorti de la forêt pour le ramener du côté de la falaise, cependant les arbres avaient plus probablement été arrachés à la vue des troncs dressés tel des pierres tombales au bord du vide.

Il allait retourner dans la forêt lorsque la créature rugit de nouveau, mais cette fois-ci, il entendait de la douleur dans le cri et il était affreusement proche de l’origine. À quelques longueurs de bateaux, sur sa gauche, se trouvait un trou similaire à celui dont il était sorti. Cependant, celui-là n’était pas entier et était ouvert sur la falaise donnant l’impression d’avoir été coupé en deux.

Il ne savait pas ce qui le poussa à aller voir, le dernier cri ressemblait plus à un appel à l’aide qu’à une menace et il sentait obligé d’aller voir qu’elle animal pouvait bien émettre ce bruit.

Il franchit la ligne de troncs et avança prudemment dans la zone vide. Avant d’arriver au bord, il se coucha sur le sol et avança en se traînant par terre jusqu’à l’ouverture béante dans le sol, la forêt derrière lui et l’océan devant. Il passa sa tête et posa ses yeux dans des yeux de reptiles géants.