Bruntam 1.4

 
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    Sania partit dans une des tentes proche de la plage accompagnée par un puissant. Bruntam, quant à lui, se retrouvait entre les soldats qui s'étaient déplacés sur la plage et les autres puissants dont leur chef, bien qu'il n'émettait pas une puissance bien supérieure aux autres. Bien entendu, il ne pouvait pas les combattre à lui seul et il devait savoir pourquoi Sania n'avait rien dit à son sujet.

Il se dirigea vers la tente qu'elle avait rejointe, mais un des puissants le rattrapa et lui fit signe de se rendre dans une autre tente, plus grande. Bien plus grande. Il arriva à l'entrée et se tint prêt à agir à n'importe quel moment. La toile se leva à son approche comme si la tente l'avait repéré.

« Pragel ! Entre et raconte nous. Que c'est-il passé chez vous ? » C'était le chef qui s'était exprimé. Pas vieux du tout, au contraire, plutôt dans la trentaine, brun, les yeux marrons, il portait le même habit que les neuf autres. Un haut bleu foncé avec un trait blanc qui partait de chaque épaule et descendait en bas. Au centre, un glyphe ornait l'habit, il n'avait aucune idée de leur utilité, et c'était sûrement ce qui l'inquiétait le plus. Leurs pantalons noirs continuaient la ligne provenant du haut et s'enroulait autour de la jambe pour finir en bas du talon. Les bras croisés, un doigt de la main gauche manquant, il attendait sa réponse.

— Je ne sais pas. » Trop sec ? Il ne savait pas s'ils s'étaient déjà rencontrés. Très peu probable s'ils étaient arrivés avec la rotation. Mais il ne savait même pas comment ils avaient communiqué, il devait être prudent et faire le moins d'erreurs possibles. « Je n'étais pas là quand c'est arrivé.

— Rammel et Drant me disent que tu as vu la "chose", c'est vrai ? » Trop intelligent celui-là. Il devra s'en occuper en premier.

— J'étais dehors lorsque c'est arrivé. Tout ce que je sais c'est que le manoir est devenu complètement noir lorsque c'est arrivé J'ai tout entendu… Je suis désolé, j'aurais dû faire quelque chose ! » Il avait haussé la voix sur la dernière partie, il devait évacuer sa colère d'une façon ou d'une autre, autant donner du caractère à ce gamin.

— Non. Tu as bien fait. Tu n'as ni les connaissances ni la puissance pour y faire face si ce que tu dis est vrai. Drant va récupérer tes souvenirs si ça ne te gêne pas. »

Il fit signe au fameux Drant qui s'approcha de lui et lui posa la main sur la tête enfouissant ses doigts dans ses cheveux blonds. Bruntam n'avait pas eu le temps de réagir, de toute façon, ils étaient six sous la tente, un combat dans un lieu aussi restreint aurait été un véritable carnage. Tant pis, il n'avait plus le choix.

Il plia un genou, se préparant à toucher le sol de sa main gauche, mais avant même qu'il ne put descendre de quelques longueurs de cheveux Drant cria de douleur le lâcha et tomba au sol.

Il avait complètement oublié qu'il avait jadis empêchait toute volonté d'interagir avec son esprit. Ne plus avoir d'ennemi pendant plus de quinze rotations pouvait vous faire oublier tous vos mécanismes de défenses mis en place.

Il le regarda se tortiller au sol comme un ver de terre qui se préparait à passer à l'hameçon. Seulement trois autres personnes avaient osaient lui faire ça et c'était toujours un régal de les voir crier de douleur au sol. Le chef poussa Bruntam, l'envoyant presque s'écraser contre la table et s'accroupit au-dessus de Drant. Apparemment, il tentait de faire la même chose qu'il avait fait à Sania, mais sans succès. Soit il ne faisait pas ce qu'il pensait, soit il n'était pas aussi puissant que Bruntam l'avait pensait.

Drant s'agita encore quelques secondes et s'immobilisa. Il n'en restait plus que neuf… et une armée. Il hésitait encore pour Sania, il allait devoir lui parler le plus rapidement possible, s'il pouvait la mettre de son côté, c'était du travail en moins.

« Pragel ! Va rejoindre Sania et ne bouge pas ! » Ils étaient paniqués, tous autant qu'ils étaient, incapables de comprendre ce qui venait de se passer. Bruntam obéit et sortit de la tente pour aller chercher sa nouvelle cousine.

Il la trouva dans une des tentes, couchée sur un lit de camp mais pas endormie. À son approche, elle se redressa.

« J'ai entendu les cris. Qu'est-ce qui c'est passé ?

— Drant est mort. Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas dénoncé ?

— C'est toi qui l'as tué ? J'en étais sûre ! Tu es plus puissant qu'eux. Pragel, je ne sais pas comment tu as gagné autant de pouvoir, mais c'est génial !

— Je te l'ai déjà dit, je ne suis pas Pragel. Mon nom est Bruntam, mais ça tu ne le savais pas n'est-ce pas ? Tu étais déjà morte.

— Bruntam… Bien sûr que je ne le savais pas, mais je ne vais pas t'appeler comme ça pour autant. Je suppose qu'ils ne savent rien et il vaut mieux que ça reste comme ça. Drant, c'est toi qui l'a tué ?

— Involontairement, ils ne le sauront jamais en tout cas. À nouveau, pourquoi ne m'as-tu pas dénoncé ? Une autre question de ta part et je défais ta résurrection. »

Elle se retourna, récupéra quelque chose dans sa robe et le lui tendit. C'était une carte, il ne connaissait pas la région qu'elle représentait. Elle la retourna, dévoilant des mots gravés dans le cuir clair et remplis d'une couleur dorée.

« La langue a évolué depuis qu'elle se transmet dans notre famille, je l'ai retrouvé dans les affaires de mon père. Pour faire court ça parle d'une femme qui survit à la mort, se retourne contre ses proches et sauve le monde. » Bruntam lui arrache des mains le parchemin. Elle n'avait pas tort sur la plupart du texte, mais certains détails du texte avaient mal étaient traduits. En bas, il retrouva le symbole des Suvilla, la pièce entrelacée par une rose ainsi qu'une fiole à côté. Il rendit la carte à Sania.

— Tu penses que tu es cette femme ? Tu veux sauver le monde, mais pour ça tu dois tuer tes proches ? Je me suis occupé de ta famille, aide moi à me débarrasser de nos invités et je te laisserais en vie.

— Avec plaisir ! »

Elle rangea la carte dans sa robe et attrapa ses mains. Une énergie lui traversa le corps, remontant ses bras, ses épaules et son cou, il réalisa qu'elle était en train de lui fournir des informations. Elle allait mourir comme Drant, mais contrairement à lui, Sania lui était favorable. Il réagit sur le champs et enleva sa volonté, laissant l'énergie poursuivre sa route. En un bref instant, il sut tout ce qu'elle savait. Les identités des inconnus, leurs magies, leurs intentions, mais également leurs origines.